Un récent article du Monde (« Sexe, drogue et trafics en tout genre bientôt dans le PIB européen », Le Monde.fr | 06.06.2014 | Par Mathilde Damgé et Samuel Laurent) évoquait l’intégration imminente de l’ensemble de l’économie souterraine dans le PIB européen.

L’information du Monde aurait dû passer comme une lettre à la poste, tant elle reflète la tendance généraliser à tout monétiser… Moi, elle m’est restée au travers de la gorge.

Il y a quelques jours, j’apprenais déjà que, grâce à l’idée « géniale » d’une société californienne, les individus portant des Google Glass pourront être suivis en direct en échange d’un paiement. Ainsi, le simple fait de se balader avec ces fameuses lunettes et de monétiser sa propre vision, serait une création de richesse qui viendrait gonfler le PIB mondial…

Quand la croissance n‘est plus là, on va la chercher avec les dents (dixit un nain aux grandes oreilles et aux talons compensés que je connais mais qui ne me manque guère)… et ne me parlez pas d’éthique après ça… Aujourd’hui, on intègre la prostitution comme un service. Demain ça sera le tour à la branlette. Après tout ce n’est qu’un service que j’offre à moi-même, à l’exemple du « Imputed Rent » qui reflète la valeur locative du logement occupé par son propre propriétaire et qui rentre dans le PIB des Etats-Unis.

On va valoriser une branlette à un prix d’amis : 10€ / branlette au taux horaire d’un professionnel du sexe.  Avec juste une branlette par semaine, pour 20 millions de Français(es) seulement (ceux et celles qui ont en encore l’envie / la capacité / le temps), on crée une richesse de quelques 10 Mld. Et HOP, on a 0.5 point de PIB de plus, qu’on sort de nulle part… si si de nos bourses ! Augmenter la cadence sera alors un acte de patriotisme économique, une façon de participer (avec ses tripes) à l’effort de guerre…

Espérons juste qu'on ne commence pas à nous taxer sur nos p'tites branlettes innocentes, comme l'Imputed Rent l'est dans certains pays...

Bon, c’était plus fort que moi… Le passage de minuit ne me réussit guère. Il fallait absolument que je vous en parle, que je me vide… la tête.