Tingitingi : Agir pour un Autre Tourisme

05 janvier 2008

Oxalá House : Une résidence militante pour un tourisme responsable

7 bungalows, une piscine et la mer à portée de vue...

Ile de Djerba - Zone de Sidi-Mehrez (Tunisie)

 

 

Oxala House est maintenant visible ici : http://oxala.tingitingi.net

 

L'ensemble du projet Tingitingi, avec ses différentes réalisations, dispose de son propre site web : http://www.tingitingi.net 

 

 

Garden2B« Un tourisme durable doit être supportable à long terme sur le plan écologique, viable sur le plan économique, équitable sur le plan éthique et social, pour les populations locales (...) La compréhension et la promotion des valeurs éthiques communes à l'humanité, dans un esprit de tolérance et de respect de la diversité des croyances religieuses, philosophiques et morales, sont à la fois le fondement et la conséquence d'un tourisme responsable.»

 

(Charte du tourisme durable de l'OMT, adoptée en 1995)

 

 

Oxalá House est la première résidence de tourisme équitable / socialement responsable s'inscrivant dans le projet Tingitingi®.

Nous avons conçu cette résidence comme un pied de nez au tourisme de masse avec sa variante galopante « The All-Inclusive »... Une provocation au mastodonte dans son propre berceau : Djerba!

 

Oxalá (qui se prononce ô-cha-lâ) est une interjection portugaise dérivée du mot arabe « Inchallah », une expression d'espoir mêlé d'humilité.

 

DSC00107Tingitingi® est le mot Swahili (se prononçant tïngui-tïngui) pour désigner une passerelle. Un mot rapporté cette fois-ci d'Afrique de l'Est (zone du Sahel), projetant dans le tissage de relations directes entre hommes et femmes de cultures différentes, les fondements d'un monde solidaire.
Le label Tingitingi® vise à promouvoir un tourisme équitable, solidaire, socialement et écologiquement responsable. Un tourisme qui permet aux populations d'accueil de valoriser leurs cultures, et au voyageur de s'épanouir dans le respect de l'environnement visité, de sa diversité culturelle et de ses équilibres internes. Loger chez l’habitant (en location saisonnière, en location de vacances ou en chambres d’hôtes) n’est qu’un petit pas dans ce sens.

 

Copie de Djerba_Juin_2009_011 (conflit du 17-04-2013 à 09h41)La résidence adhère pleinement à la charte du tourisme équitable, et favorise les contacts directs avec les populations locales. La résidence ne travaille qu'avec des communautés d'accueil autochtones et des prestataires de services locaux (travaux ménagers, encadrement d'enfants, guides touristiques, activités diverses, découverte sportive, visites culturelles et/ou thématiques...) sélectionnés pour, outre la qualité de leurs services, leur intégrité, et leur volonté de concilier viabilité économique et développement durable.

Description:

Oxalá House est une charmante résidence à l'architecture typique, bien intégrée dans son cadre verdoyant, à proximité (à 700m) de l'une des plus belles plages de l'île de Djerba. Elle bénéficie d'une vue directe sur la mer. La résidence est composée de 7 bungalows :

  • Trois studios pour 2 personnes (Pemba, Lamu, Nicobar). Prix:22€ à 35€ par nuit
  • Deux bungalows pour 2 à 4 personnes (Wassini et Andaman) composés d'un salon + une chambre. Prix:35€ à 52€ par nuit.
  • Un bungalow pour 4 à 6 personnes (Zanzibar) composé d'un salon + 2 chambres. Prix:45€ à 69€ par nuit.
  • Un duplex pour 6 à 8 personnes (Bornéo) composé d'un salon + 3 chambres. Prix:57€ à 86€ par nuit.

Entrance2BDSC00508_GardenLes bungalows sont positionnés autour d'une piscine commune, et disposent tous de terrasses privatives et un accès aux jardins (2000m²).

Tous les bungalows sont climatisés (chaud et froid), meublés avec goût (du moins, on l'espère) et entièrement équipés (vaisselle + linge de maison, serviettes de toilettes...). Seules les serviettes de piscine/plage ne sont pas fournies.

 

 

 

Un lit pour bébé peut être mis à votre disposition (gratuitement). Il vous suffit d'en signaler le besoin au moment de la réservation.

BorneoSittingB

Plus de détails sont disponibles dans le fichier suivant : OxalaFlyer. Quelques adresses utiles (tables, hôtels...) sont dans le fichier suivant: OxalaHouse_PracticalIssues. N'hésitez surtout pas à nous contacter afin de vérifier les disponibilités, ainsi  que pour toutes informations supplémentaires.

Email : tingitingi@live.fr

 

Tarifs :

Tous nos prix s'entendent par bungalow et par nuit (check-in à 14h00, check-out à 12h00). Les tarifs sont fonction de la saison (Haute saison HS : Juillet / Août, Moyenne saison MS : Avril / Mai / Juin et Septembre) et sont dégressifs en fonction de la durée

Andaman

du séjour.DSC01065

Un dépôt de garantie de 100€ (Studio) / 150€ (Salon+1C ou Salon+2C) / 200€ (Duplex) sera demandé au check-in, et restitué après avoir effectué l'état des lieux de sortie. Lit supplémentaire gratuit jusqu'à 5ans, et à 7.5€ (BS et MS) - 10€ (HS) au-delà.

Prière de nous consulter pour les longs séjours (au-delà de 2 mois).

Le ménage final est à la charge du locataire. Il lui sera possible de faire appel à un service ménager pour moins de 10€.

Les tarifs sont disponibles dans le fichier suivant : OxalaRates

 

 

Situation géographique :

 

La résidence est située dans la zone de Mezraya, à 15km de l'aéroport, à 8km de la capitale de l'île (Houmt-Souk) célèbre pour son

Pool1C

port de pêche, ses souks et ses orfèvres, et à 7km du village typique de Midoun. La plage est à 700m.

Elle vous apparaîtra dans sa blancheur éclatante sur la droite de la route touristique, juste avant d'atteindre l'hôtel Radisson SAS (au niveau de l'agence Eden Tour).

 

 

Activités possibles & Services :

Randonnées à cheval, 7 km de plages préservées jusqu'à la presqu'île des flamants roses (zone protégée), activités nautiques, Golf 18+9 trous...

Autres services (ménagers, courses, garde d'enfants, cures de thalasso...) à réserver sur place.

 

Dans les environs :

DSC00697_BeachBDSC00698Outre ses atouts naturels (de magnifiques étendues d'oliviers et de palmiers, d'impénétrables clôtures en terre surmontées par des agaves, des aloès et des figues de barbarie, de longues plages sablonneuses ou rocheuses), l'île de Djerba offre une multitude de spots socioculturels (des Menzels servants d'habitat traditionnel, des souks et marchés hebdomadaires animés, un folklore et des minorités actives, une centaine de petites mosquées typiques, quelques huileries souterraines encore intactes, des ateliers d'artisans en activité, des musées et des parcs à thèmes...).

 

Nous nous ferons un grand plaisir de répondre à toutes vos demandes d'information.

Quelques spots (mais ce qui suit est loin d'être une liste exhaustive) méritent le détour :

  • Le Borj El-Kebir ou Borj Ghazi Mustapha ou encore le fort espagnol : Sur les vestiges d'un ancien fort romain, Roger de Loria, amiral d'Aragon et de Sicile, construisit en 1289 une nouvelle forteresse. Au      milieu du XVe siècle, le sultan hafside, Abou Farès El Hafsi, complète la construction, qui est encore renforcée par le corsaire Dragut en 1557 et en 1560, par les Espagnols, qui y sont, la même année, assiégés et exterminés.
  • La mosquée Fadhloun dont la construction remonte au 14ème siècle. La mosquée présente une architecture transcendante par sa simplicité et beauté. Son originalité réside dans le fait qu'elle ait,      semble-t-il, conservé son architecture originelle.
  • La synagogue El-Ghriba : Les fondations de cette synagogue remonteraient au 6ème siècle av. J.C., faisant d'elle l'une des plus anciennes au monde. Selon la tradition, la construction de cette      synagogue serait liée à l'établissement sur l'île d'une colonie de réfugiés juifs fuyant les armées perses, après la destruction du Temple de Jérusalem par les Babyloniens (586 av. J.C.). Ces réfugiés auraient sauvé certains manuscrits des tables de la loi. Au 15ème siècle après J.C., la communauté s'agrandit avec l'arrivée de juifs expulsés d'Espagne par les Rois Catholiques. Le sanctuaire d'El-Ghriba passe pour être le second dans l'échelle des dévotions juives et, à ce titre, est le lieu de pèlerinage annuel (à la Pâque juive) de juifs venants du monde entier.DSC00878
  • L'huilerie souterraine El-Fsili à Midoun
  • Les foundouks (caravan-sérails) de Houmt-Souk
  • Le marché au poisson de Houmt-Souk où la vente à la criée se pratique encore et toujours.
  • Le village des potiers de Guellala où quelques rares artisans continuent, contre vents et marées, à perpétuer un savoir-faire millénaire.
  • Le musée de Guellala, construit sur le point culminant de l'île (50m !), vous permets de survoler la vie de l'île (scènes de la vie quotidienne, reconstitution d'activités artisanales, habits traditionnels...)
  • Le musée Lalla Hadria (parc Djerba Explore) offre une riche collection d'un millier de pièces couvrant l'art arabo-musulman du bassin méditerranéen depuis le 7ème siècle.HouchBenYeder
  • Le Menzel de Djerba Explore, offrant une reconstitution de l'habitat traditionnel ainsi que de quelques activités artisanales (atelier de tissage, atelier de poterie).

 

Et la part du rêve dans tout ça...

Oxalá House est situé sur l'île de Djerba, qui est probablement l'île enchanteresse des Lotophages, telle que contée par Homère dans l'Odyssée :

« Dès lors, neuf jours durant, je fus emporté par des vents funestes sur la mer poissonneuse ; puis, le dixième, on mit le pied sur

Surroundings2B

la terre des Lotophages, qui pour nourriture ont des fleurs. Là, nous marchâmes sur le continent ; on puisa de l'eau, et, bien vite, mes compagnons prirent leur repas sur les vaisseaux rapides. Mais, quand nous eûmes mangé notre pain et bu notre boisson, alors je les envoyai reconnaître quels mangeurs de pain habitaient cette terre ; j'avais choisi deux hommes, et leur avais donné pour troisième un héraut. Et partant aussitôt, ils allèrent se mêler aux Lotophages. Ceux-ci ne voulaient point leur mort ; mais ils leur donnèrent du lotos à manger ; or, quiconque en avait mangé le fruit doux comme le miel, ne voulait plus rapporter les nouvelles ni s'en revenir, mais rester là parmi les Lotophages, à se repaître du lotos dans l'oubli du retour. Et je dus, moi, les ramener de force tout en larmes à leurs vaisseaux ; je les tirai et les attachai à fond de cale sous les bancs, et cependant je pressais les autres compagnons, qui m'étaient restés fidèles, de monter en hâte sur leurs nefs rapides, de peur qu'aucun d'eux goûtant au lotos n'oubliât le retour. Ils embarquaient aussitôt et s'asseyaient près des tolets ; puis, assis en bon ordre, ils frappaient de leurs rames la mer grise d'écume »

(IX, 82-104, trad. M. Dufour et J. Raison).


07 janvier 2008

Oxala House : Best wishes for a better world…

Dear All,

A little e-card to wish you the best for the new year (and more) and to 
thank you
a lot for your support throughout the last few years.
Oxala_eCard

No doubt that another world (a better one, with more sustainable
relationships)
is still an attainable utopea !

Kind Regards,
Zouheir (on behalf of Oxala House)

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09 janvier 2008

Oxala House : Voeux d'un monde meilleur...

Chers tous,

Une période de fêtes qui me met toujours à plat… un compteur qui
s’incrémente encore une fois et qui prend un malin plaisir à me rappeler
que ce monde ne va guère mieux (est-ce un euphémisme ?)…

Raison de plus de vous souhaiter le meilleur pour cette nouvelle année,
de vous remercier pour la confiance que vous aviez témoignée, à un moment
ou à un autre, à Oxala House, ainsi que pour votre adhésion à l’esprit
qu’elle tente de véhiculer.

Un monde meilleur est toujours possible…

Zouheir

PS : Je suis conscient que ce message pèche par son manque d’optimisme et
ne fait guère dans le politiquement correct (d'ici, j'entends certains
murmurer
"comme d'habitude !"). La carte jointe pourrait peut-être
me faire pardonner : Oxala_eCard

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Oxalá House: Towards an Alternative Tourism

7 bungalows, a swimming pool and much more...
Djerba Island – Tunisia

 

Oxala House est now visible on its new website : http://oxala.tingitingi.net

 

The Tingitingi Project has also its own website www.tingitingi.net  

DSC00374

"Tourism development shall be based on criteria of sustainability, which means that it must be ecologically bearable in the long term, as well as economically viable, and ethically and socially equitable for local communities. Tourism must consider its effects on the cultural heritage and traditional elements, activities and dynamics of each local community. Recognition of these local factors and support for the identity, culture and interests of the local community must at all times play a central role in the formulation of tourism strategies"

(Charter for Sustainable Tourism, April 1995)

 

Oxalá House intends to follow the guidelines laid down within the Tingitingi® Project, targeting a sustainable tourism.

Oxalá (pronounced o-cha-la) is a Portuguese interjection derived from the Arabic 'Inshallah', an expression of hope and humility.
Brought from East Africa, Tingitingi® is the Swahili word for “footbridge”. This is another word of hope (and modesty, because megalomania would have opted for a bridge instead of a footbridge) in the capacity of fair exchanges between men and women from different cultures to lay the foundations of a world of solidarity.

DSC00099Oxalá House fully follows the charter for Sustainable Tourism, and actively favors direct contact with local people. The residence only works with local communities and local service providers (housekeeping, child minding, tourist guides, sport discoveries, cultural/theme visits...) who are selected not only for the quality of their services, but also for their integrity and effective willingness to find a trade-off between economical viability and development issues.
Oxalá House aims to promote a fairer (environmentally/socially) sustainable tourism: tourism based on encounters of equals, benefiting both hosts and guests. Such a mutually beneficial exchange is supposed to allow local communities to value their natural, social and cultural resources without any big threat to their livelihoods, and allow travelers to gain new insights into the visited environment, its cultural diversity and its internal equilibrium forces.

About the residence...

DSC01073DSC01172Oxalá House is a charming residence with typical architecture (inspired from traditional "Menzels") and an unbeatable view on the eastern costs of Jerba Island (Tunisia), carefully integrated within its natural environment of palm trees, prickly pears, aloes and agaves.
Oxalá House is located at 700m from one of the nicest beaches of the Djerba island (Tunisia). It is composed of 7 fully/nicely furnished bungalows with cooking facilities and air-conditioning (both cooling and heating), set up around a central swimming pool, and ranging in size from cozy studios (max capacity = 2 pers.) to a spacious three-bedroom cottage (6 to 8 pers.).
Each bungalow has at least a private terrace with a view on the pool.

A detailed flyer, describing the residence and specially its underlying spirit, is available here: OxalaFlyer_Eng

For any additional information, please feel free to contact us at: tingitingi@live.fr

Rental Rates:

All our rates are expressed per bungalow and per night (check-in at 2 p.m., check-out at 12 a.m.).Rates DSC01065depend on season (High season – HS: July / Aug., Middle season – MS: Apr to June + Sep.) and length of stay. Discount rates are offered for extended rentals of 2 months or more.
The Booking will be promptly confirmed by e-mail as soon as the required deposit (25% of the rental amount) is paid. A refundable security deposit (100€ for studios, 150€ for 1 and 2 bedroom flats, 200€ for the 3 bedroom cottage) shall be paid on the arrival date.
Additional beds could be provided for an extra charge of 7.5€ (LS) – 10€ (MS and HS). Baby beds are available on request.

All rental rates are available here: OxalaRates_Eng

How to get there?

Oxalá House is located on Jerba Island (probably, the dreamy land of Lotos-Eaters of Homer’s Odyssey). It is ideally situated in the area of Mezraya, between the island’s capital Houmt-Souk (8km, best-known for its traditional souk, its fortress and its silversmiths) and the typical village of Midoun (7km). It stands on the tourist road, at only 15km from the international airport of Jerba. Its whiteness will, no doubt, catch your sight just before reaching the Radisson SAS Resort (700m).

Avaialable activities:

Cycling, 18+9 hole golf course, Hiking / Rambling, Horse riding, Sea sports, Sailing, Diving, Museums, Roman sites, Casino, Bowling...
Please specify the desired capacity and ask about the available services (housekeeping, baby-sitting, car driver...) when making your reservation.

Some facts about our island:

DSC00698F1010022Djerba is an island situated off the southern coast of the Tunisian mainland. Its climate is mild. The summer (June to August) is usually hot and dry (75-95°F, 25-35°C). The coldest months are December through February (60-75°F, 15-25°C). Rain is occasional and there will almost never be two successive days when the sun is not shining.

Besides its natural assets (beautiful scenery with thousands of palm trees, olive groves, impenetrable hedges of prickly pears enclosing the fields, endless white sandy beaches, 330 sunny days per year), the island offers plenty of social (typical dwellings known as Menzels, lively open air markets, active minorities), and cultural spots (hundreds of fortress like little mosques with characteristic minarets, small epicenter of Jewish culture, theme parks and museums, Ulysse festival in July, pottery and silversmith's workshops, traditional olive oil press).

The numerous historic monuments (Roman ruins, Roman bridge linking the island to Zarzis area, numerous fortresses, El-Ghriba synagogue) testify to the eventful history of this strategic island, coveted by Mediterranean forces from time immemorial.

Jerba is one of the few remaining places in Tunisia where a Berber language is still spoken. The island is known for its Ibadite (a school of Islamic belief) and Jewish minorities.

Jerba is believed to be the island of the lotus-eaters on which Odysseus landed during his wanderings, as narrated in Homer's Odyssey. Historical knowledge of the island goes back to the 9th century B.C., when the DSC00666Phoenicians established trading posts on what was known in antiquity as the island of Meninx. Over the following centuries it came under the control of the Romans, the Vandals, the Byzantines and Arabs (7th century). It was then captured by Normans from Sicily, temporarily ruled by the Spanish and became, at the end of the 15th century, notorious as a pirates' lair. It was recovered from Spanish by the famous corsair Dragut who laid siege to their fortress (Borj Ghazi Mustapha), whose garrison of 5,000 men were compelled to surrender and were beheaded. Dragut had their skulls built up into a pyramid, which stood outside the fortress for almost 300 years, before being removed in 1848.

Most tourists come to Jerba to lie on one beach or another, but there is much more to this island than swimming and windsurfing. The following attractions/visits are highly recommended:

  • Houmt Souk's market place, with its daily fish auction. You could also try the varied open-air markets (usually weekly) of other villages (Friday in Midoun, Saturday in El May, Monday and Thursday in Houmt-Souk, Sunday in Er-Riadh). Houmt Souk is also known for its silversmith's workshops.
  • Borj Ghazi Mustapha in Houmt-Souk: This fortress (mentioned above) was edified in 1289 by Roger de Loria (from Sicily and Aragon), occupied by Spanish and then strengthened by corsair Dragut (in 1557) for protection against Spanish reprisals.
  • Borj Jillij, an 18th-century fortress, located on the coast near the airport. No doubt, you will notice the IMG_0482fishermen at work near the borj, probably setting out with boats piled high with palm leaves which they use to make fishing traps.
  • Fadhloun mosque (14th century) with its "transcendent" architecture
  • El-Ghriba Synagogue, a place of pilgrimage for Jews worldwide. Its foundations are thought to be 25 century old. One of the oldest Torahs in existence is located in this synagogue. Jewish people have lived here since 586BC, just after the destruction of King Solomon's temple in Jerusalem.
  • Saint Joseph's church in Houmt-Souk
  • The traditional olive oil press of Midoun, one of the last well preserved underground presses.
  • DSC00694Pottery village of Guellala, where some (last few, unfortunately) potters still craft ceramics by hand.
  • Guellala Museum (located on Guellala hill) displays various scenes of traditional life and local architecture.
  • Djerba Explore theme park with its 400-strong crocodile farm (a rather strange attraction) but also its Lalla Hadria Museum (covering a thousand years of art and history) and its traditional Menzel.
  • Hiking (or cycling) through the island, especially around Midoun and Mahboubin villages, to discover the shady gardens of the interior, and orchards of fig, apple and pomegranate.
  • Walking along the sandy (and preserved) beach, in front of the residence. You could wander until the Flamingo Island (8km walk).
  • Jerba is also the gateway to the south. From here you can reach the vast depths of the Sahara Desert, as well as the Libyan desert.

Let's dream together...

Jerba is probably the fabled land of the Lotus-Eaters that seduced Odysseus, as narrated in Homer's Odyssey.

"Thereafter for nine days, I was driven by ravening winds across the sea. On the tenth day we made the land of the Lotos-eaters, men who browse on a food of flowers. We landed there to fill our water-butts, while my crews snatched a meal on the shore, beside their likely vessels. As soon as the first hunger for food and drink had passed, I chose out two fellows and added to them a third, as runner, that they might go inland to spy out and enquire what were the human beings there existing. Off they went at once and met a party of these Lotos-eaters, who had no notion of slaying my emissaries: instead they gave them a dish of their Lotos-flower. And so it was that as each tasted of this honey-sweet plant, the wish to bring news or return grew faint in him: rather he preferred to dwell for ever with the Lotos-eating men, feeding upon Lotos and letting fade from his mind all memory of home. I had to seek them and drag them back on board. They wept yet into the ships we brought them perforce and chained them beneath the thwarts, deep in the well, while I constrained the rest of my adherents to hurry aboard, lest perhaps more of them might eat Lotos and lose their longing for home. They embarked promptly and sat to the rowing benches; then in their proper ranks, all together, they swung their oars and beat the sea hoary-white."


The Odyssey, Book IX, Homer. Translated by T.E. Lawrence (also known as Lawrence of Arabia 1888-1935)

12 janvier 2008

Les provocateurs de toutes violences...

Certains ont pu trouver choquantes les paroles de l’abbé Pierre... Pas moi :

« Ceux qui ont pris tout le plat dans leur assiette, laissant les assiettes des autres vides et qui ayant tout, disent avec une bonne figure, une bonne conscience "Nous... nous qui avont tout... on est pour la paix..."
Je sais ce que je dois leur crier à ceux là : "Les premiers violents, les provocateurs de toutes violences, c’est vous !"
Et quand le soir, dans vos belles maisons, vous allez embrasser vos petits enfants avec votre bonne conscience, au regard de Dieu, vous avez probablement plus de sang sur vos mains d’inconscients que n’en aura jamais le désespéré qui a pris des armes pour essayer de sortir de son désespoir. »

On peut penser tout ce qu'on veut de l'abbé Pierre (et être réfractaire à toutes phrases contenant le terme "Dieu"), mais on ne peut renier la profondeur du regard qu'il a pu porter sur ce monde...

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19 janvier 2008

Djerba, version campagne - Le Monde 23/11/07

DSC00388Auteur : Dominique de Saint Pern
Source : LE MONDE | 23.11.07; www.lemonde.fr
DJERBA (TUNISIE) ENVOYÉE SPÉCIALE

On pose le pied à l'aéroport international de Djerba, appréhendant le pire : une île bétonnée, aseptisée, défigurée par cinquante années de tourisme de masse. Pourtant, dès le premier regard, elle apparaît comme un vaste jardin de palmiers et d'oliviers telle que la découvrirent Ulysse et ses compagnons d'Odyssée. D'Ajim à Hara Kbira, d'El-Kantara à Cedriane, s'étalent les vergers de dattiers, de grenadiers, de figuiers, de caroubiers - qui font sa beauté depuis l'Antiquité. Ile plate, rocailleuse. Des femmes marchent vers nulle part, drapées dans leur fouta, un voile d'épais coton blanc. De grands chapeaux de paille les protègent du soleil. La campagne est piquetée de maisons blanches rongées par l'air salé, aux allures de forteresses.

"Ici, où que vous vous trouviez, l'horizon a la couleur verte et bleue des palmiers mêlés au ciel ou à la mer", murmure Mahrzia, djerbienne, née avec le tourisme. Elle ajoute : "C'est un rêve." Un miracle, plutôt. Car, dès les premiers signes de fièvre hôtelière dans les années 1960, une poignée de notables djerbiens s'est constituée en association de vigilance. Le paysage lui doit ses constructions basses ne dépassant jamais le plus haut palmier de l'île ; réglementation bienvenue qui dissimule les toitures sous le foisonnement des feuilles de palme, comme celle qui, en campagne, oblige à construire sur un terrain de 2 500 m2 minimum, préservant les vergers qui valent à Djerba son surnom d'"île jardin".

Du coup, le tourisme intensif reste cantonné au nord-est où, de Mezraia à Midoun, une barrière de stuc et d'enseignes lumineuses tournée vers le golfe de Gadès sert d'écrin aux piscines, thalassos et spas, but final de vacanciers éreintés. Mais à l'ouest entre Mazrane et Ajim, au sud-est vers la Chaussée romaine, ce sont des grèves sauvages garanties sans paillotes, paradis des oiseaux, des coquillages et des enfants. Pour combien de temps encore ? Un nouveau tourisme s'annonce avec les meilleures intentions puisque celles-ci sont écologiques. Les investisseurs sont prêts, les projets se peaufinent.

Djerba n'est pas seulement un délicieux piège à farniente, elle est une île qui se bat en douceur pour garder sa mémoire. Houmt Souk reste le gros bourg tranquille que Flaubert a connu. La "capitale" offre au flâneur un dédale de rues pavées, de terrasses de cafés ombragées de bougainvilliers ou de figuiers. Les habitations chaulées, la peinture des volets et des portes rappellent que les couleurs de Djerba claquent en blanc et bleu azur. L'auberge de jeunesse a investi un ancien foundouk (caravansérail), véritable pièce de musée toujours vivante.

Le souk, avec ses ruelles aux épices, sa criée au poisson, unique en Tunisie, attire les Djerbiens comme elle le fait depuis des siècles. Sous la halle, les pêcheurs coiffés d'un chapeau de paille et fleur de jasmin piqué derrière l'oreille brandissent des guirlandes de seiches passées sur un fil en chantant leur mélopée d'enchères à une foule concentrée. Hormis le grand panneau qui prévient le touriste : "Achetez votre poisson et faites-le cuire à votre hôtel", rien n'a trahi l'âme du village. Seul tribut à la modernité, la marina qui a remplacé des entrepôts délabrés où, depuis le mois de juin dernier, il fait bon déjeuner en terrasse sous les parasols.

A 10 km dans les terres, Erriadh, le plus vieux village juif de l'île, propose une halte hors du temps. Sa synagogue El-Griba abrite l'une des plus anciennes thoras du monde. C'est ici même, où juifs et musulmans cohabitaient paisiblement, qu'au printemps 2002 un attentat à l'explosif a fait quinze morts, paralysant le tourisme pendant trois ans. Erriadh a retrouvé sa sérénité.

Au détour d'une ruelle, une façade flanquée de deux cactus : l'Hôtel Dar Dhiafa, première expérience du genre, indique la direction que le gouvernement souhaite donner à son tourisme : charme, haut de gamme, patrimoine. Ces cinq houchs (habitations traditionnelles), réunies pour former un labyrinthe de patios et de chambres, s'avèrent être un havre de calme et de fraîcheur qui transporte le voyageur des millénaires en arrière, quand Djerba était une géante.

"Cette île est un don du ciel. Tout y est original." Il y a dans lavoix d'Houcine Tobji, historien, l'émotion de celui qui célèbre une déesse oubliée. "Elle a rayonné dès le VIIe siècle avant notre ère, à l'époque de Carthage, quand ses cousines du littoral ont attendu deux mille ans pour en faire autant." Houcine Tobji, lui, a mis dix ans pour créer le Musée du patrimoine à Guellala, véritable îlot de mémoire en plein raz-de-marée golf-planche à voile-thalasso. Juché sur le point culminant de Djerba (52 mètres !), s'il reçoit un public encore clairsemé, sa situation dominante sur la baie de Guellala attire les Tunisiens qui aiment y contempler le soleil couchant.

Dans le palais, le touriste saturé d'images en trois dimensions retrouve le plaisir simple de scènes comme croquées sur le vif, qui évoquent la vie quotidienne depuis l'Antiquité. "Djerba a tout créé, parce qu'elle n'avait rien", précise Tobji : les huileries souterraines. Le tissage des fils d'or et d'argent à Biskri. Les poteries pour exporter l'huile et l'orge. C'est ici qu'est née la couleur pourpre, ce "rouge profond et éclatant", grâce au murex, un mollusque qui se plaisait dans les sables du Sud. Ainsi que l'emballage sous vide, sous forme de jarres bouchées avec un tissu et scellées par de l'argile.

Ile phare, convoitée puis envahie par les Vandales et les Byzantins, elle dut inventer l'autosuffisance. De cette capacité à ne compter que sur soi, restent les menzels plus ou moins à l'abandon qui émaillent la campagne entre Midoun et Mahboubine. Ces exploitations agricoles organisées autour d'une maison refermée sur elle-même représentent un exemple si réussi de développement durable et d'autarcie que l'Unesco envisage de les inscrire sur sa liste du Patrimoine mondial.

Dominique de Saint Pern

20 janvier 2008

Liens Divers

N'oubliez pas, un jour Tingitingi verra vraiment le jour... pour promouvoir une autre façon de voir le monde

Tingitingi

En attendant, voici des liens vers les albums d'Isabelle P : Oxala House sous toutes ses coutures...

IPAlbum_Oxala

et bien sûr ses jardins...

IPAlbum_Gardens

Et si vous n'avez rien à vous mettre sous la dent, faites un p'tit tour sur :

Paperblog

01 mars 2008

La décroissance est un impératif de survie

Juste avant de se donner la mort avec son épouse, le philosophe André Gorz a transmis un texte, daté du 17 septembre 2007, à la revue EcoRev', qu'il avait parrainée à sa fondation.
La décroissance apparaît au cœur de ce texte : « La décroissance est donc un impératif de survie. Mais elle suppose une autre économie, un autre style de vie, une autre civilisation, d'autres rapports sociaux. En leur absence, l'effondrement ne pourrait être évité qu'à force de restrictions, rationnements, allocations autoritaires de ressources caractéristiques d'une économie de guerre. La sortie du capitalisme aura donc lieu d'une façon ou d'une autre, civilisée ou barbare. La question porte seulement sur la forme que cette sortie prendra et sur la cadence à laquelle elle va s'opérer.»

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Pour une société de décroissance

Un article intéressant de Serge Latouche à lire dans les archives du Monde Diplomatique:

http://www.monde-diplomatique.fr/2003/11/LATOUCHE/10651

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22 avril 2008

Ils voyagent en solidaire

Je crois au tourisme responsable (au sens large du terme), mais je me méfie de toutes formes de récupération (agences gouvernementales, tour-operators, clients en quête de bonne conscience à moindre frais…). A Djerba, nous sommes encore à quelques années-lumière de ce qui se fait au Sénégal depuis les années 90. Le tourisme de masse a su occuper le terrain, privant, par la même occasion, toutes les autres initiatives de l’espace vital nécessaire à leur épanouissement. Mais l’impasse se profile à l’horizon… S’en sortir nous demandera, nécessairement, de rebrousser chemin et d’opter pour une piste alternative. Là, il ne faudrait pas qu’on foire encore une fois notre coup…

Télérama n° 3005 - 18 Août 2007 - Auteur : Thierry Leclère

Le fleuve Saloum, son delta, ses vacanciers. Dans un Sénégal pionnier de l’écotourisme, des villageois protègent leur environnement... en accueillant quelques visiteurs.

On dirait le Sud. Le temps dure longtemps. Entre ciel et eau, la mangrove plonge ses racines enrubannées d’huîtres sur des milliers d’hectares. A 180 kilomètres de Dakar, le delta du fleuve Saloum est une oasis de fraîcheur dans la touffeur de l’Afrique. Une fabuleuse réserve mondiale de biosphère, aussi, où les dauphins pointent leur museau à marée haute et où leurs frères lamantins viennent boire l’eau douce aux résurgences des sources qui tapissent le fond du delta.

Sortir des sentiers battus. Vivre la vie d’un village africain. Ici, le « tourisme équitable » n’est pas un vain mot ni un argument de catalogue pour attraper les bobos gogos occidentaux. Installés sous la moustiquaire, dans leur case de paille et de terre, Frank et Christine, un couple de trentenaires allemands, goûtent ces instants magiques. Lui, musicien new age en quête « d’énergie », cracheur de feu intermittent. Elle, enseignante, timide mais curieuse et avide de rencontres. A une demi-heure de pirogue de la première piste, ce havre de paix se mérite.

Si le campement de Keur Bamboung n’est pas d’un grand confort, Frank et Christine sont ravis. Sur cette presqu’île, la nourriture préparée par les villageois est frugale. Mais le plaisir de prendre sa douche sous un filet d’eau, en plein air, derrière des canisses, avec vue imprenable sur le delta est une autre forme de luxe. Baobabs et arbres à noix de cajou en fond de décor, le brossage de dents et le rasage deviennent des beaux-arts. Au programme de nos deux aventuriers, balade en canoë dans les entrelacs de la mangrove, safari-photo à la recherche des singes et rencontre furtive avec l’arrière-train d’un phacochère qui a confondu le campement avec sa résidence secondaire. Le soir, discussions à la lumière de la lampe-tempête avec la dizaine de villageois qui assurent le couvert et la maintenance du campement. C’est peu dire que nos deux écolos, routards new-look, sont enchantés par leur séjour, par cette Afrique « telle qu’on en rêvait »... A lire le livre d’or des clients, une majorité de Français (100 000 sont séduits chaque année par le tourisme équitable), mais aussi beaucoup d’Espagnols et quelques Américains, ce genre de séjour a un bel avenir. Il n’en existe pas encore de définition précise, mais il est « équitable » ou « solidaire » quand il prône un voyage en immersion, respectueux des villageois, de leur environnement et quand les retombées profitent à l’économie locale. Ce petit moment d’éternité coûte d’ailleurs moins cher à Frank et Christine (33 euros par personne, en pension complète) que les hôtels de la « petite côte », zone affermée au tourisme de masse dans lesquels les tour-opérateurs déversent leurs charters.

Keur Bamboung, le campement écotouristique du delta, n’est que la face émergée d’un projet beaucoup plus ambitieux mené, depuis 2003, par l’association écologiste sénégalaise Océanium (1) et par son directeur Haïdar El Ali : « Le campement n’a jamais été une fin en soi, explique cet écolo sympathique d’origine libanaise. On cherchait une activité qui profite aux 8 000 habitants de la région et dont les bénéfices serviraient à payer les salaires des trois écogardes qui protègent la réserve naturelle contre le braconnage. Car au coeur du projet, il y a l’Aire marine protégée que nous avons mise en place en 2001, en accord avec les autorités, sur une partie du delta. Le danger était grand. Il fallait interdire la pêche : les habitants du delta qui, en 1990, attrapaient en une heure 150 kilos de thiof (le mérou sénégalais), n’en prenaient plus que 10 kilos en 1998 »

Deux ans et demi de réunions, de discussions sans fin avec les pêcheurs (qui ont accepté de poser plus loin leurs filets) ont accouché de l’Aire marine protégée. Ibrahima Diamé a laissé de côté sa pirogue pour prendre la tête de la coopérative qui gère le campement : « Un tiers des bénéfices de Keur Bamboung va à l’entretien du gîte, un tiers au fonctionnement de la réserve naturelle et le reste revient à la communauté rurale, l’échelon administratif correspondant, en France, à vos communes. » Keur Bamboung, et ses vingt-quatre lits, fait travailler une dizaine de personnes des environs. Océanium a financé l’investissement ; les bénéfices du campement, ouvert début 2005, arrivent déjà à couvrir les frais de gardiennage de l’Aire marine et permettent d’envisager d’autres projets de développement.
Il serait, par exemple, tentant d’agrandir Keur Bamboung, mais Ibrahima Diamé ne veut pas détruire le fragile équilibre du delta : « On va construire encore une ou deux cases, mais pas plus. »

Jean Goepp, un jeune ingénieur d’Océanium, est depuis cinq ans le chef passionné de ce projet : « On réunit tous les trois mois des représentants des quatorze villages concernés ; on a créé un système où tout le monde doit rendre des comptes à tout le monde. Les villageois croient en ce qu’ils font. C’est notre garantie pour l’avenir, même si tout cela reste fragile. » Keur Bamboung est un défi aux sceptiques. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le Sénégal est aujourd’hui une vitrine du tourisme équitable. Au début des années 70, ce pays a été le pionnier du « tourisme intégré », comme on disait à l’époque, avec les campements villageois de Casamance, dans cette région animiste, rebelle et totalement fascinante du sud.

Christian Saglio, utopiste aussi passionné qu’Haïdar El Ali, fait figure de papa du tourisme équitable. On retrouve ce ludion blond aux yeux bleus, se bagarrant, avec deux secrétaires et un téléphone en surchauffe. Directeur du Centre culturel français de Dakar, Christian Saglio est sur le départ, après avoir bourlingué pendant trente ans, d’Afrique noire au Japon. Enfant terrible de Mai 68 et des beaux quartiers de Paris, il raconte volontiers ces années 70 où, jeune ethnologue et linguiste, il a foncé comme un chien fou pour réaliser son « utopie créative » des campements autogérés : « Ils me font rire, aujourd’hui, avec leur «développement durable ! Leur "tourisme responsable" ! Il y a parfois un côté dame patronnesse qui m’énerve. Moi, je voulais surtout éviter le paternalisme. J’ai tout fait pour que les Blancs soient dépaysés ; qu’ils acceptent de manger par terre, comme les Sénégalais. Jamais plus de vingt personnes par campement pour ne pas déstabiliser le village, c’était ma règle d’or. Et une coopérative pour associer tout le monde. Le fonctionnement très communautaire de la Casamance s’y prêtait à merveille. »

Bravant l’incrédulité des notables sénégalais (à l’exception du Premier ministre de l’époque, Abdou Diouf), le jeune Christian Saglio se met alors à installer ses campements avec les villageois : sept en huit ans ! La réussite sera au rendez-vous. « Au début, les villageois ont pensé que Christian venait se faire de l’argent et que j’étais son boy, se souvient son alter ego sénégalais, Adama Goudiaby, fonctionnaire au ministère du Tourisme. Les gens ont si souvent été trompés par de belles promesses et des projets sans lendemain qu’ils n’y croyaient pas. Ce sont les femmes, qu’on avait d’ailleurs omis d’associer, (grossière erreur ! ) qui ont finalement été la clé du succès. Gardiennes de la tradition, elles sont en même temps très ouvertes au progrès. »

Les maisons d’hôte autogérées construites exclusivement avec des matériaux traditionnels devaient, dans l’esprit de Saglio, engendrer toute une économie vertueuse pour développer les villages : « Avec les rapides bénéfices, j’imaginais que la communauté allait prêter aux jeunes pour qu’ils lancent d’autres projets. En fait, et assez logiquement, ils ont préféré pallier les manques de l’Etat et investir dans le social : écoles, matériel scolaire, maternités, dispensaires »

Dans cette région délaissée, toujours suspectée de vouloir faire sécession par le pouvoir central, la belle aventure du duo Saglio-Goudiaby a été freinée par la guerre, à partir des années 80. Certains campements ont même été occupés par l’armée sénégalaise. Mais depuis 2004 et la signature d’un accord de paix entre le président Abdoulaye Wade et la principale composante de la guérilla, le tourisme équitable a repris ses droits. Aux mêmes conditions : participation de l’ensemble de la communauté villageoise au projet, transparence de la gestion et professionnalisme. Car souvent épaulé en Europe par des bénévoles généreux mais amateurs, il a besoin de spécialistes aguerris. « Les fous créent la mode, les sages la suivent », dit le proverbe. Christian Saglio et Haïdar El Ali sont deux fous qui ont réalisé leurs rêves. Mais le patron d’Océanium, sur le front de tous les combats écologiques, au Sénégal, depuis vingt ans, est parfois las. Il aimerait que les sages suivent davantage les fous. Et quand l’un de ses jeunes admirateurs vient dans la rue à sa rencontre, il lâche avec un humour acerbe : « Tu aimes ce que je fais ? Eh bien, je ne veux pas de tes compliments ! Viens plutôt me rejoindre. Car je te le dis sincèrement, je suis fatigué de travailler tout seul ».

(1) Sur l’association Océanium et Keur Bamboung : www.oceanium.org

20 juin 2008

Civilisations humaines : Entre montée et déclin...

J'ai relu dernièrement quelques passage du « Muqaddima » d'Ibn Khaldûn et je n'ai pu m'empêcher d'y voir le reflet de nos sociétés actuelles. La décadence est la soeur jumelle de l'essor, de la croissance. Nos acquis sont tout sauf éternels. Et c'est l'histoire universelle qui se chargera de nous le rappeler... Est-ce possible de bloquer la roue de l'histoire ? Est-ce au moins possible d'en ralentir la cadence ? Un vrai travail d'introspection s'impose...

Ibn Khaldûn, historien (1332-1406) et homme politique ayant servi les souverains de Tunis, de Fès, puis d’Andalousie,  est aujourd’hui considéré comme l'un des fondateurs de la sociologie et de l'économie politique.

« Lire Ibn Khaldûn aujourd’hui, c’est prendre la mesure d’une pensée non-européenne majeure et inviter à des approches comparatives afin de contrer l’idée d’un fossé entre les cultures et les pensées qui les portent » Esprit, novembre 2005.

Son principal ouvrage « Muqaddima », se veut une introduction à l’œuvre fondamentale : un ouvrage beaucoup plus vaste retraçant l’histoire des Arabes et des Berbères. Par cet ouvrage, Ibn Khaldûn révolutionne l’écriture de l’histoire telle qu’établie par ses prédécesseurs. Il se déclare explicitement à la quête d’une méthode capable d'établir les critères de la vérité historique. Il relie l’histoire à la « science de la culture » et prend la société humaine comme objet de ses investigations.

C’est d’Ibn Khaldûn que le grand historien anglais Arnold Toynbee  dit : « Il a conçu et formulé une philosophie de l’Histoire qui est sans doute le plus grand travail qui ait jamais été créé par aucun esprit dans aucun temps et dans aucun pays ».

Une œuvre clairement originale… Et il est bien le premier à le souligner : « Sache que l’examen d’un tel objet est une entreprise totalement neuve, qu’il se place à un point de vue inaccoutumé et qu’il est, en plus, de grande utilité. (...) C’est une science qui vient de naître. ». Il est bien le premier à annoncer la naissance d’« une science indépendante, avec un objet et des problèmes propres : la civilisation humaine et la société humaine, et l’explication des états qui l’affectent dans son essence, successivement ».

En termes modernes, Ibn Khaldûn jette les fondements de l’anthropologie et de la sociologie… Entre ses mains, des liens surgissent entre le développement des sciences et des arts, la lutte pour le pouvoir, la capacité à gouverner, la montée et le déclin des civilisations, le développement et le contrôle des richesses, la coopération, la cohésion, mais aussi la montée de l’égoïsme et de l’agressivité au sein d’une société humaine…

L’originalité de la pensée d’Ibn Khaldûn réside dans sa capacité à traverser les siècles sans le moindre ride. Ce qu’il a pu écrire dans un contexte de délabrement de la civilisation arabo-musulmane se révèle universel et intemporel. Il résume à la perfection le cheminement suivi par une société humaine dans sa montée, sa maturité, puis son déclin. Son côté cartésien et synthétique étonne encore et toujours. Afin d’en rendre compte, je reprends ici le résumé (joliment écrit) de Leila Salem dans son article « Ibn Khaldûn critique d’un orient sclérosé et d’un monde marchandisé » :

[ La nécessité de la vie en société pousse des tribus bédouines à porter le mouvement qui leur permet de passer d’une civilisation rurale et bédouine à une civilisation urbaine et sédentaire. Ce passage ne peut se faire que par la création d’un État et le choix d’un souverain dont le but est de permettre aux hommes de vivre en société, de cumuler les savoirs, les activités et les richesses.

Ces tribus solidaires (liées par la notion de Açabiyya, ou esprit de corps) , courageuses partageant les biens et supportant les privations créent un État fort et juste. Pour que l’État prospère, il doit assurer la stabilité de la domination et le maintien des populations sous le contrôle, imposer la paix, désarmer ses sujets et détruire les solidarités naturelles.

Le courage, les violences, les solidarités sont peu à peu éradiqués et sont remplacés par la violence organisée de l’État (représentée par son armée), par le goût et l’amour du gain et de l’argent et par l’obéissance. La loi, l’éducation, les sanctions et le désarmement de la population permettent la levée de l’impôt, signe de soumission des sujets et de l’éradication de l’esprit de corps. Le pouvoir est respecté et craint, la civilisation urbaine se développe, les sciences s’épanouissent et la démographie augmente.

Quand le bien-être s’installe, la société devient de plus en plus individualiste et soumise et l’esprit de corps rompt. Des classes sociales apparaissent ; elles s’affrontent, mais continuent au début à vivre ensemble en paix.

Quand le luxe est à son comble, les luttes interclasses deviennent plus rudes, des turbulences politiques apparaissent et la paix sociale décline. L’État faiblit et le pouvoir devient coercitif, l’injustice s’installe et la solidarité naturelle disparaît complètement. La levée d’impôt se fait par la force et la spoliation. Moins prospère, le pays devient moins peuplé et les villes sont désertées ; la baisse démographique entraîne une diminution du travail qui à son tour conduit à la pauvreté et à la misère et le Umran (civilisation) finit par dépérir « Le luxe corrompt le caractère. L’âme prend toutes sortes de vices et de mauvaises habitudes...conséquences : régression et ruine. La dynastie montre des signes de perdition et de dissolution. Elle attrape les maladies chroniques de la vieillesse et meurt » rapportait Ibn Khaldûn dans Al Muqaddima. Et il ajoutait « Quand un État parvient à un haut degré de bien-être et d’aisance. Les habitudes du luxe se développent rapidement chez lui et il abandonne la vie dure et grossière qu’il avait menée jusqu’alors, afin de jouir du superflu ...il s’aperçoit combien le superflu est indispensable ...la souveraineté s’use dans le luxe et c’est le luxe qui la renverse ».  ]

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19 août 2008

Club Med Djerba - Les balbutiements d'un tourisme responsable ?

A l’heure où le « tourisme éco-responsable » tend à devenir la dernière lubie à la mode, je ne peux m’empêcher de constater que le gouffre entre théorie et pratique reste immense…

Seguia_1Et c’est d’autant plus rageant quand il s’agit d’un grand voyagiste qui se vante de sa politique responsable :
« Sur l'ensemble de ses destinations, le Club Med met en place une charte de Tourisme Responsable afin de garantir des pratiques respectueuses de l'environnement (naturel et culturel) et de participer de manière éthique au développement économique local. »
C’est ainsi que le Club au trident nous sensibilise (sur son site web – page dédiée à son village « Djerba laDechets_4 Fidèle ») à sa nouvelle démarche, avant de nous inviter à télécharger sa charte du "Tourisme responsable en Tunisie" dans laquelle on peut lire :
« Un mégot met des années à se décomposer, un emballage de barre de céréales des centaines d'années. La sécheresse dans le désert est telle que la dégradation naturelle peut être 1000 fois plus longue que dans d’autres milieux : avoir sur soi un petit sac poubelle permet de ne pas jeter de déchets dans la nature (même s'ils sont biodégradables). »

Grande est notre tentation d’y croire… Surtout quand on sait que le Club Med d’Opio, près de Grasse, dans les Alpes Maritimes, vient d’obtenir l’Ecolabel Européen pour les hébergements touristiques. Bénéficier d’un tel label voudrait dire que ce village est pleinement engagé dans la préservation de l’environnement (politique de gestion efficace de l’énergie, de l’eau et des déchets, mise en valeur du site, sensibilisation du personnel et des clients…).

Mais, apparemment, ce qui est valable pour les Alpes Maritimes ne l’est guère pour l’île de Djerba.
Le conseil du p’tit sac poubelle qui évite de jeter des déchets, même biodégradables, dans la nature s’adresse exclusivement au visiteur, mais guère au donneur de conseils…


Seguia_4Le 9 Août 2008, j’ai voulu faire découvrir à quelques amis les charmes de la Séguia, une magnifique baie - lagune juxtaposant (justement) Djerba La Fidèle... Seguia_3

Un site naturel d'exception... Un des derniers à ne pas avoir été sacrifié (je suppute que la raison sous-jacente n'est nullement écologique mais purement technique) sur l'autel du tourisme de masse.

Etant sur l’île depuis quelques jours, mes amis ont appris à faire abstraction, dans l’appréciation de tout paysage Dechets_2naturel, des bouteilles en plastique, sacs en plastique et divers déchets trônant ça et là…

Dechets_1Leur apprentissage préalable ne les a, cependant, guère préparé moralement à apprécier les plages à vaisselle !!! C’est pourtant ce que nous avons découvert dans le voisinage immédiat du Club Med : des bris d’assiettes et bols marqués au trident mythique s’éparpillant sur une dizaine de mètres le long du rivage. On aurait dit que quelques restaurants du quartier Latin se sont transposés, l’espace d’un week-end, le long du rivage djerbien.

Dechets_3A ce stade, je n’ai clairement plus aucune envie de disserter… ni sur la responsabilité du village quant à sa gestion des déchets, ni sur celle de ses clients qui se cantonnent à l’intérieur de ses murs et se contrefichent des réalités environnantes… Selon un proverbe tunisien, "Les coudes du galeux le démangeront..."



Cliquez sur les photos pour les agrandir. Pour revenir à la page principale : http://www.tingitingi.com

01 janvier 2009

Oxala House : Vœux en temps de récession

Une fois par an, j'ai l’habitude mais surtout le plaisir de vous remercier pour la confiance que vous aviez témoignée, à un moment ou à un autre, à Oxala House, ainsi que pour votre adhésion à l’esprit qu’elle tente de véhiculer.
Ceci fut la partie sympa de mon message… A partir de là, les choses se corsent.

Emotifs s’abstenir…
Habitués au traditionnel et rébarbatif « On vous souhaite une Bonne et Heureuse Année 2009 », ne lisez surtout pas ce qui suit…
Conservateurs, passez votre chemin. Il n’y a rien à lire…
Angoissés et dépressifs, vous n’avez clairement pas besoin d’aller plus loin…

« Au lieu de fulminer contre les ténèbres, il vaut mieux allumer une petite lanterne » (Proverbe chinois).
Je vais plutôt allumer un cierge…

2008 aura été l’année de toutes les crises : crise alimentaire (les émeutes de la faim se propageant de l’Afrique à l’Asie et aux caraïbes), crise financière (des mastodontes de la finance demandant à genoux l’aide publique), crise énergétique (avec le pétrole atteignant des sommets jamais connus), crise du Système en entier (les fondamentalistes n’ont pu que constater, avec stupéfaction mêlée parfois d’horreur, que le système bâti depuis une quarantaine d’années par leurs « experts économistes » a failli s’effondrer comme un minable château de cartes).

2008 aura été la fête aux boucs émissaires…
Avec chacune de ces crises, nous avons cherché et trouvé un bouc émissaire : le FMI et les agro-carburants pour la première, des financiers peu scrupuleux et des régulateurs incompétents pour la seconde et la quatrième, les spéculateurs de tous bords et l’appétit insatiable des chinois, pour la troisième…

Et comme un malheur ne vient jamais seul, 80% des huîtres qui devaient être consommées dans un ou deux ans sont mortes au cours de l’été 2008 (source : Le Monde 1/1/2009), frappées par un mal mystérieux… De quoi assombrir les perspectives des prochains réveillons. Celui qui me trouve un bouc émissaire pour cette catastrophe, gagne son poids en huîtres…

La crise, ça a du bon… Elle permet de remettre les pendules à l’heure.

Mais à aucun moment, on n’a remis en cause notre mode de vie, ni nos pratiques de (hyper-sur) consommation. On ne s’est toujours pas posé de questions sur nos responsabilités, ni nos conneries éventuelles, encore moins sur la viabilité du Système… Depuis le reflux du pétrole, nous avons remis nos panneaux solaires et nos éoliennes au placard.

Je suis bien curieux (une pure curiosité intellectuelle que je suis prêt à payer) de la réaction qu’on aura bientôt face à la crise écologique qui fait les cent pas à nos portes… Des catastrophes naturelles récurrentes et virulentes nous laissent de marbre. La planète se meurt, et pourtant on ne jure que par la croissance du PIB… Que fera-t-on des quelques dizaines de millions de réfugiés climatiques qui frapperont à nos portes ? Accepteront-ils d’être nos futurs boucs émissaires ? Que fera-t-on devant l’imminent krach alimentaire et social ? Les foules rugissantes se contenteront-ils d’un p’tit « Soyez sympa… Attendez le retour de la croissance ! »

On me dit : « Notre Système est trop beau pour s’effondrer… »
En Afrique de l’ouest, on dit pourtant « Une pirogue n'est jamais trop grande pour chavirer »

J’entends d’ici certains parmi vous fulminer, grommeler, me traiter de tous les noms d’oiseaux… J’aurais dû leur raconter un joli conte de Noël (Il faut dire que la période s’y prête). A ceux-là, je ne peux que présenter mes excuses les plus plates de jouer les troubles fête pendant cette période de fêtes. Qu’ils reprennent tranquillement leur dégustation de huîtres…

Je ne répèterai pas mon cri de guerre de mes vœux 2008 « A bas le Système ! », car j’ai l’impression qu’il s’y dirige tout seul comme un grand. Et je n’aime pas taper sur les faibles, encore moins quand ils sont à terre…
Que notre récession reste une jolie petite récession bien sympathique et ne se transforme pas en  une HORRIBLE dépression… du moins pas tout de suite.
Soyons, pour une fois, fous : optons pour la simplicité volontaire. La décroissance sera alors cool à vivre.

Mes meilleurs vœux d’un monde meilleur... En me lisant jusqu'ici, vous l'avez bien mérité.
Mieux encore, j’ai même une p’tite carte de vœux pour vous :Oxala_eCard2009

Zouheir

PS : Ceci fut notre premier et dernier message de l’année… Ouf !!

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Oxala House: Season’s Greetings during Crisis Times

A little message to thank you a lot for your support throughout the last few years.
Looking forward to seeing you (again) in Djerba Island.

Hurrah, 2008 is over!

If you’re waiting for the traditional “Merry Christmas and Happy New Year” message, please, please do not go further in reading my annual message…
I may be sarcastic but never to the point of using the kind of messages featured by some greetings cards that capitalize on the global gloomy mood and featuring, such as “Have a Great Depression and a Subprime New Year”

A Chinese proverb says “Instead of damning the darkness, it's better to light a little lantern.”
I would rather switch all Xmas lights on…

Here we are at the end of 2008. Most of us would argue that it was not a year to look back on. It is rather a year to look away from!
No doubt, 2008 will be remembered as the “annus horribilis” that brought down the world to its knees, within a global horrible mess, a mixture of interrelated crises: a food crisis, a financial meltdown, an energy/raw materials crisis, and finally, a System crisis.

For years and years, we’ve heard Medias and politicians from all parties announcing the down of a new era of perpetual growth and prosperity. 2008 provides the counter-thesis to the official speech. And what if this is the end of the global expansion cycle?

In times of crisis, people always look for scapegoats, a simplistic way to avoid bearing one’s own responsibilities. So far, we’ve been blaming the IMF, biofuels, bankers’ dishonesty and policymakers’ incompetence, Chinese appetite, uncontrolled free market fundamentalism…

The inconvenient truth is rather basic: We are living beyond our means and there is no improvement in sight. We are all guilty of this mess. We have built a hyper-consumption society that threatens all our ecological life-support systems and swallows our energy resources and raw materials at an unsustainable pace.
We have become accustomed to the intellectual hypocrisy, subscribed to all empty rhetorics disguising our System’s fragility.
Now, reality is just biting back. Our global economy looks like a huge Ponzi scheme, ready to implode at the first earthquake.

The “Doctor Doom and Gloom” (this is not me) says:
“We probably have less than ten years to put ourselves back on the road to sustainability.
It is vital to prevent the eminent social and ecological crashes and to avoid a worldwide climate/sustainability collapse. This would be really really HORRIBLE!”

For that, don’t you think that we should rethink our economy away from the demand for perpetual growth? Voluntary downsizing is a solution… Just think about it.

The emperor is naked and so are his knights, you and me.
But Hope you the best attainable World.
A little e-card is here for that: Oxala_eCard2009

Zouheir (on behalf of Oxala House – Djerba)

PS: This is my annual message, don’t worry… Now, it is finished.

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08 janvier 2009

Next step: Balance or Disintegration?

Martin Wolf is associate editor and chief economics commentator at the Financial Times, London. In the FT (January 6th, 2008 edition), he says:

"Choices made in 2009 will shape the globe's destiny.

Welcome to 2009. This is a year in which the fate of the world economy will be determined, maybe for generations. Some entertain hopes that we can restore the globally unbalanced economic growth of the middle years of this decade. They are wrong. Our choice is only over what will replace it. It is between a better balanced world economy and disintegration.
That choice cannot be postponed. It must be made this year."

Finally, some reasonable thoughts...

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23 janvier 2009

Une génération perdue pour la paix... Encore une.

«Quand je serai grande, je rejoindrai la résistance. Car on ne m’a rien laissé d’autre pour le reste de ma vie.» : Ceci est la réaction d’une gamine de 13 ans à la dissémination de sa famille par les soldats de Tsahal (Libération - 23 Janvier 2009). Avec ses exactions commises à Gaza, Israël s’est mise à dos toute une nouvelle génération de palestiniens… Une génération qui, jusqu’à hier, paraissait capable de transgresser le poids de l’histoire collective, est aujourd’hui perdue (et pour toujours) pour la paix. Tablant sur une espérance de vie de 60 ans parmi la population palestinienne, Israël a simplement semé les graines de la haine et du désespoir qu’elle récoltera au fil des 45 prochaines années.
A la veille des accords d’Oslo, j’ai pu rêvasser d’une paix durable et juste… A l’époque, du haut de mes vingt ans, je me rendais déjà compte de la complexité de ce conflit, de l’impossibilité de changer les faits établis, et donc de la nécessité d’une cohabitation équitable. L’histoire a un poids qu’on ne peut déplacer… Vingt ans plus tard, Israël (du moins, en partie) n’a toujours pas atteint la maturité intellectuelle d’un gamin de vingt ans, encore moins son pragmatisme. C’est malheureux de le constater…
Vingt ans après, avec ce qui s’est passé à Gaza, je me suis surpris, pour la première fois de ma vie, en train de penser que dans ces conditions, et sans changement de cap, Israël ne sera plus là dans vingt ou trente ans. Israël sera emportée par ses propres aberrations. C’est bien un pronostic froid et neutre que je fais ici. Aucune haine, aucune rage, aucun sentiment, rien d’autre qu’une projection rationnelle… Ce n’est qu’une suite logique des conneries qu’on laisse s’accumuler depuis des décennies.
Ceux qui me connaissent savent très bien que, venant de ma part, un tel pronostic est aussi neutre que de penser que le S&P500 va encore dégringoler de 300 points : une suite logique des aberrations passées…

Ceci est l'article dont je parle... (Libération - 23 Janvier 2009)

Gaza. Retour sur les lieux d’une attaque de Tsahal dénoncée par les organisations humanitaires.

Les Samouni, famille brisée par un «crime de guerre»
ZEITOUN (bande de Gaza), envoyé spécial JEAN-PIERRE PERRIN

[Ce sont les adolescents qui racontent le mieux ce qui s’est passé les 4 et 5 janvier à Zeitoun, une petite ville proche de Gaza et de la frontière avec Israël. Des filles comme Almaza Samouni, 13 ans, qui a perdu sa mère, Leïla, ses quatre frères, Ismaïl, Isaac, Nassar et Mohammed, et plusieurs cousins et cousines. Ou Kanaan Attia-Samouni, 12 ans, qui a vu un soldat israélien tirer quasiment à bout portant sur son père devant la porte de sa maison, puis sur son petit frère Ahmed, tué d’une balle dans la tête. Les Samouni, une famille d’agriculteurs plutôt aisés, perdront - d’après nos informations - 22 des leurs dans ce que les organisations humanitaires considèrent comme un «crime de guerre délibéré». Parmi eux, neuf enfants et sept femmes. Sept autres parents plus éloignés, dont trois enfants et deux vieillards, seront aussi tués. Si l’on fait le bilan des victimes, ce sont plus de 70 personnes qui ont trouvé la mort ou ont été blessées. Le bilan fourni hier par Amnesty International, qui enquête à Gaza, est encore plus lourd : 40 tués, dont 33 pour la famille Samouni.

«Les bras levés». La longue avenue Saladin, qui mène au hameau, apparaît déjà comme la prémonition du désastre. Un tsunami semble avoir remonté la rue, détruisant sur plusieurs kilomètres maisons, mosquées, ateliers, usines. La fabrique de jus de fruits Star a brûlé. Même sort pour Palestine Automobiles, le principal garage de voitures d’occasion. Des vergers entiers d’oliviers et de palmiers ont été déracinés. Une petite rue mène ensuite au hameau : deux maisons très abîmées mais debout, quelques autres par terre. La mosquée a rendu l’âme. On ne la reconnaît que parce que le chapeau du minaret trône au milieu des décombres. L’endroit pue la charogne. Des centaines de volailles, mais aussi des vaches, des ânes et chèvres, gisent sur le sol. On piétine l’intimité des maisons : le linge, les vêtements, les tenues nuptiales, les photos de famille, les livres d’enfants, les meubles, tout a été jeté à la rue et mêlé à l’ordure. A l’intérieur de l’une des demeures survivantes, où les soldats s’étaient installés, tout a été souillé. On a percé les murs pour faire des meurtrières, les sacs de sable sont encore dans l’escalier. On a écrit aussi sur les murs, en anglais ou en hébreu : «Arabs need 2 die» («les Arabes doivent mourir»), «Arabes vous pouvez courir mais pas vous cacher». Un dessin représente une tombe : «Arabes : 1948-2009.»

Drap blanc. C’est le 4 janvier, vers 6 heures du matin, qu’une unité israélienne prend possession du hameau. La famille Attia-Samouni est alors réunie autour du thé. Quand le père, Attia, 45 ans, entend les soldats s’approcher, il sort sur le pas de la porte en criant «S’il vous plaît, ne tirez pas, il y a des enfants.» Il tombe aussitôt foudroyé. «J’ai vu celui qui a tiré. C’était un soldat africain [d’origine éthiopienne, ndlr]. Mon père avait les bras levés», raconte Kanaan. Des «bombes de feu» - sans doute des grenades fumigènes - sont ensuite lancées dans la pièce où s’était installée la famille, en tout 18 personnes. Les explosions referment la porte, fracassée la seconde suivante par des rafales, - on peut voir les impacts sur les murs. Il y a aussi du sang, celui de Ahmed, 4 ans, tué par balle. Sa mère, Zahwa, qui tient un bébé de 10 jours, est aussi touchée mais assez légèrement. «A cause de la fumée, on ne pouvait plus respirer. Le nez des enfants saignait», dit-elle, Puis, les soldats leur ordonnent de sortir et d’aller jusqu’à la route. «Ils criaient : "On va tous vous tuer, allez à la mort." Avant, ils nous ont obligés à enlever nos vêtements. Comme si des enfants pouvaient cacher des armes.» La maison des Attia sera ensuite détruite au bulldozer.
Quand on demande à Almaza, l’orpheline de 13 ans, où est sa maison, elle répond «mais vous marchez dessus». Un engin a tellement aplati la demeure qu’on ne la distingue plus de l’amoncellement de caillasses et de fange qui s’étend alentour. Almaza, a fait partie du groupe de 90 personnes que les soldats ont rassemblé et poussé vers un entrepôt. Ils y resteront vingt-quatre heures. «Il n’y avait rien à manger, rien à boire, pas de lait pour les bébés.» Alors le lundi 5 janvier, vers 6 h 30 du matin, quelques personnes bravent l’interdiction pour essayer de trouver des provisions. A peine ont-ils ouvert la porte qu’un missile est tiré sur la maison, suivi d’un deuxième une minute plus tard, puis d’un troisième. A l’intérieur, c’est l’horreur. Du sang et de la fumée partout. Derrière un drap blanc, les survivants parviennent à sortir. Parmi eux, Waed Samouni, père de six enfants, blessé à la tête, dont les parents ont été tués. S’il parvient à s’enfuir avec quatre de ses fils, il est obligé d’abandonner sa fille Aza, 3 ans, et Omar, 4 ans, dans l’entrepôt détruit. «Omar est resté deux jours à côté de sa petite sœur morte. Quand on l’a retrouvé, il ne voulait pas partir sans elle.»

«Résistance». Car ce n’est que le 7 janvier que le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) parviendra à secourir les blessés, l’armée israélienne empêchant ses ambulances d’accéder à Zeitoun. L’interdiction provoquera la colère de Pierre Wettach, chef de la délégation du CICR, qui, fait exceptionnel, sort de sa réserve : «Les militaires israéliens n’ont pas fait en sorte que le CICR ou le Croissant-Rouge puissent leur venir en aide, ni respecté leur obligation de prendre en charge les blessés, comme le prescrit le droit international humanitaire.» Les survivants enfin évacués, l’entrepôt sera rasé. Avec les cadavres à l’intérieur. Almaza, elle, vient chaque jour errer sur les ruines : «Quand je serai grande, je rejoindrai la résistance. Car on ne m’a rien laissé d’autre pour le reste de ma vie.» ]

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05 avril 2009

Le dromadaire ne voit guère sa bosse...

Lundi 9/3/2009, dans un entretien publié par "Le Parisien", le secrétaire d'Etat à l'Outre-mer Yves Jégo qualifie de "dérapage verbal inadmissible" les propos tenus par le porte-parole du LKP Elie Domota contre les patrons blancs qui refusent d'appliquer l'accord sur l'augmentation des bas salaires.

Le jeudi précédent, le leader du LKP Liyannaj Kont Pwofitasyon (Ensemble contre la surexploitation) aurait déclaré en créole (je ne garantie guère la traduction): «Soit ils appliqueront l'accord, soit ils quitteront la Guadeloupe. Nous sommes très fermes sur cette question là. Nous ne laisserons pas une bande de békés rétablir l'esclavage», a ajouté le leader du LKP. Une référence directe aux descendants de colons blancs, accusés de monopoliser les richesses, qui ravive le spectre de tensions raciales dans une île à l'histoire marquée par l'esclavage.

Le lendemain de ces déclarations (la justice peut être rapide quand elle le veut bien !), le parquet de Pointe-à-Pitre a annoncé l'ouverture d'une enquête judiciaire, notamment pour provocation à la haine raciale et tentative d'extorsion de signature.

M. Jégo ajoute «Quelle que soit l'intensité d'un conflit social, dire à une catégorie de la population 'faites ça ou partez' n'est évidemment pas acceptable. Il faut que chacun revienne à l'esprit républicain »
Interrogé sur l'enquête judiciaire pour provocation à la haine raciale ouverte par le parquet de Pointe-à-Pitre, "la justice doit faire son travail. Les lois de la République sont les mêmes pour tout le monde", a-t-il réagi.
Mais bien sûr… Comment une telle vérité fondatrice aurait pu m’échapper si longtemps ? Les lois de la République sont les mêmes pour tout le monde.

Connaissez-vous une seule autre personne ayant proférer des paroles aussi polémiques que celles de M. Domota sans être inquiétée par la justice ?

Malheureusement, j’en connais au moins une, et de taille !!! Ce qui me fait dire que M. Jégo navigue quelque part entre le mensonge, l’hypocrisie et l’amnésie volontaire…

Les paroles de M. Domota, aussi polémiques soient-elles, seraient-elles vraiment différentes de celles prononcées par notre cher président, le 22 avril 2006, devant les nouveaux adhérents de l’UMP (à l’époque, il était ministre de l’intérieur) : un mélange détonnant de démagogie et de xénophobie qui a fait un tabac auprès des quelques 2000 personnes venues s’en abreuver… «S'il y en a que cela gêne d'être en France, qu'ils ne se gênent pas pour quitter un pays qu'ils n'aiment pas» a-t-il lancé. Cette phrase rappelle le slogan de Philippe de Villiers, président du Mouvement pour la France (MPF) : "La France, tu l'aimes ou tu la quittes"

A ma connaissance, M. sarkozy n’a jamais été inquiété. Il s’est même permis de remettre une couche dans un discours prononcé à Agen (le 22/6/2006), en tant que candidat à l'élection présidentielle de 2007 : "Ceux qui n'aiment pas la France, ceux qui exigent tout d'elle sans rien vouloir lui donner, je leur dis qu'ils ne sont pas obligés de rester sur le territoire national". Il a aussi dénoncé pêle-mêle "ceux qui ont délibérément choisi de vivre du travail des autres, ceux qui pensent que tout leur est dû sans qu'eux-mêmes ne doivent rien à personne (...), ceux qui, au lieu de se donner du mal pour gagner leur vie, préfèrent chercher dans les replis de l'Histoire une dette imaginaire que la France aurait contractée à leur égard (...), ceux qui préfèrent attiser la surenchère des mémoires pour exiger une compensation que personne ne leur doit plutôt que de chercher à s'intégrer par l'effort et par le travail."

Un dicton tunisien dit « Le dromadaire ne voit guère sa bosse ». M. Jégo, M. sarkozy et les autres devraient commencer par balayer devant leur porte.

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16 avril 2009

Tourisme à Djerba : Idiotie et Aveuglement...

Ces p'tites réflexions sont parties d’un article de F. Allani intitulé « Tunisie: Tourisme à Djerba - Solutions réelles pour l'île des rêves » et publié au journal La Presse du 24/12/2008. L’article (repris entièrement plus bas) n’est rien de plus qu’un compte-rendu d’une table ronde organisée par l’Association Tunisienne de Développement Touristique autour du tourisme sur l’île.

Si l’on se fie au compte-rendu, la discussion n’a débouché sur rien qui pourrait bouleverser le paysage touristique Djerbien. Elle s’est plutôt contentée :

  • De souligner quelques problèmes bien connus tels que la prépondérance croissante de la formule « All-inclusive » avec ses effets d’homogénéisation (vers le bas) et de sanctuarisation, ou l’impact du tourisme sur l’écosystème de l’île ainsi que sur les comportements socio-économiques (entachés d’abus, d’agressivité et de manque de respect envers le visiteur) de certains intervenants non encadrés…
  • D’énoncer un certain nombre de vœux pieux : mettre l’accent sur le patrimoine culturel de l’île et/ou de la région, encourager l’incubation de micro-projets d’animation culturelle, lutter contre l’érosion du littoral…

Rien de stratosphérique, dans tout ça… Que du vieux.

En passant, je constate que le comportement inadmissible de certains visiteurs est passé sous silence. Je ne vois nulle part mention de la montée du tourisme sexuel déguisé (impliquant nos hommes, comme nos femmes)… D’ici peu, je consacrerai un « coup de gueule » à ce phénomène inquiétant.

La discussion laisse transpercer une certaine vision bassement matérialiste. Il est clairement question de petits sous et de rentabilité.
On rêve de construire des hôtels moins chers, d’avoir un meilleur accès au crédit et une fiscalité plus clémente. Mais on ne se préoccupe guère des retombées financières minimales dont doit profiter la société d’accueil.

On s’intéresse à la formation professionnelle des jeunes, mais on ne mentionne guère la gestion calamiteuse actuellement faite des ressources humaines (bas salaires, droits sociaux quasi-inexistants, appel exagéré à la prestation de services, cumul des CDD, appel régulier au chômage technique…).

On parle de lutte contre l’érosion du littoral. Mais on oublie de mentionner le dragage régulier de certaines zones de ce même littoral, ou le nettoyage au tracteur des algues marines s’accumulant (à certaines périodes) sur les plages des hôtels… Le client/touriste est roi, me dit-on.

On discute d'écologie, mais on ne s'inquiète guère des tonnes de détritus (bouteilles en plastique et couches pour bébés, en tête) qui jonchent la plage et la compagne...

La table ronde aurait pu s’arrêter là. J’aurais pu y voir une avancée non négligeable puisqu’elle a, au moins, le mérite de mettre en avant les soucis les plus flagrants (en espérant leur trouver des solutions, un jour), et de tenter de mieux cerner les problématiques complexes induites par le tourisme au sein d’un système éco-social.
Mais non… Les intervenants ont préféré s’enfoncer un peu plus dans leurs contradictions…
Ils appellent à la réalisation de parcours de golfe supplémentaires. Car c’est bien connu : la région ne sait plus quoi faire de ses ressources en eau, tellement ses nappes phréatiques sont importantes… 
Là, ce n’est plus de la contradiction, mais de l’idiotie et de l’aveuglement.

Je ne peux que me rendre à l’évidence, encore une fois : le souci de préservation de l’environnement (écologique, culturel et social) et la course effrénée à la rentabilité financière sont deux choses incompatibles.

Ci-après, l'article en question...

Tunisie: Tourisme à Djerba - Solutions réelles pour l'île des rêves
Foued Allani – La Presse - 24 Décembre 2008

Une table ronde sur le bilan et les perspectives du tourisme dans cette destination-phare organisée par l'ATDT. Le bilan globalement positif du tourisme, à l'île de Djerba, ne doit pas occulter les problèmes existants ou pouvant surgir plus tard et qui pourraient compromettre sa position de destination-phare dans le tourisme mondial.
C'est, en tout cas, ce qui a pu se dégager du compte-rendu de la discussion autour d'une table-ronde organisée l'autre dimanche sur les lieux, par l'Association tunisienne de développement touristique (ATDT), tel que nous l'a rapporté M. Lotfi Khayat, président de l'Association.
Entrant dans le cadre d'une visite dans la région organisée par ladite organisation qui regroupe les anciens du secteur, le débat sur le tourisme à Djerba est survenu après une suite de débats similaires organisés par la même structure et ayant intéressé plusieurs régions et destinations, telles que tour à tour El Kef, Kairouan, Monastir
Animé par le président de l'ATDT, le débat sur le tourisme à l'île de Djerba auquel ont pris part les professionnels de la région a essayé de ratisser large. Il a, en effet, touché les produits et leur commercialisation, les ressources humaines, l'investissement, l'environnement naturel et humain.
Tels que formulés par le rapport final, les problèmes, dont bon nombres sont similaires à ceux dont souffrent d'autres régions, semblent sérieux. «Avec une typologie de commercialisation qui consolide la position dominante du tour opérateur européen», peut-on y lire.
A cela s'ajoute : «Une saisonnalité encore un peu marquée», et ce, malgré les multiples avantages du climat.
Toujours dans le volet gestion, la discussion a encore mis à l'index «la vogue» des formules de location des unités hôtelières à des opérateurs étrangers.
Résultat, une certaine déresponsabilisation du propriétaire vis-à-vis de son établissement. Celle-ci ne manquera pas d'avoir un impact négatif sur la pérennité de son produit.
Il y a eu aussi mise à l'index de la formule du «All inclusive», elle aussi en vogue et qui, selon le rapport, présente l'inconvénient de pousser à l'homogénéisation de la qualité des services «plutôt vers le bas». Cela sans oublier le fait qu'elle «limite le déplacement des touristes vers les espaces extra-hôteliers».
Les participants ont également soulevé le problème du régime de la taxation jugée élevée avec pour, entre autres impacts, une atteinte à la compétitivité du secteur.
Ils ont dénoncé d'un côté le coût de construction des hôtels qui, selon eux, est élevé par rapport à celui pratiqué même dans certains pays européens, tels que l'Espagne ou le Portugal.
La durée de réalisation d'un projet hôtelier, qui à Djerba serait de trois ans, n'est d'ailleurs que d'une seule année en Espagne, ont-ils fait remarquer.
Dans le même volet financier, le rapport cite le problème de l'endettement qui, selon les participants, «exige des mesures adéquates en vue de faire face aux contraintes actuelles et potentielles de la crise économique internationale».
Le rapport traite aussi des problèmes liés à la gestion des ressources humaines, notamment au niveau des compétences professionnelles.
Ils ont ainsi jugé le système de formation tant public que privé incapable de répondre aux besoins quantitatifs et qualitatifs du secteur. Ils ont dans ce volet précis cité le retard enregistré dans la mise à niveau de l'école hôtelière de Djerba. Retard qu'ils ont qualifié d'«inquiétant».
Plusieurs autres problèmes ont été soulevés, tels que l'absence de stratégie claire pour l'intersaison, la dégradation de l'écosystème de l'île, l'environnement humain entaché par certains comportements jugés néfastes (les beznessas par exemple), le manque d'exploitation des richesses culturelles et patrimoniales locales et régionales, le manque «flagrant» d'animation aussi bien diurne que nocturne.

Non au bradage des prix, oui pour la diversification
Se voulant positifs et pratiques, les participants ont énoncé un ensemble de recommandations touchant les volets évoqués.
Ils ont ainsi recommandé de lutter contre la tendance consistant au bradage des prix «dès les premiers signes de fléchissement de la demande touristique».
Ils ont appelé d'un autre côté à «l'élaboration d'un système d'incitation à l'investissement favorisant la création de micro-projets d'animation touristique et culturelle à la portée des jeunes diplômés de l'enseignement supérieur».
Ils ont, par ailleurs, recommandé «davantage de concertation entre les professionnels de la région afin d'harmoniser les politiques commerciales».
Les participants ont également recommandé de revoir à la hausse les «budgets de publicité et de promotion afin de neutraliser le déficit en termes d'image», jugé «flagrant» et par là «stimuler les réseaux de vente».
Côté produits, ils ont appelé à la réalisation de parcours de golf supplémentaires, et ce, afin de répondre selon eux «à la forte demande d'une clientèle argentée, peu exposée aux effets de la crise économique mondiale».
Concernant la protection de l'environnement, les participants ont recommandé de lutter contre le phénomène de l'érosion du littoral qui «risque de menacer la qualité des plages, principal atout touristique» de l'île.
Ils ont également appelé à «l'adoption d'une vision d'aménagement durable préservant les équilibres naturels des nouvelles zones protégées de Lella Hadhria à Djerba et Lella Halima à Zarzis».
Les participants à la table ronde ont enfin recommandé «la mise en place d'un mécanisme de concertation et de coordination entre le ministère du Tourisme et celui de la Culture» pour que, selon eux, «le tourisme culturel ne reste par une simple vue de l'esprit» et pour qu'il puisse participer «à la dynamique touristique régionale».

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09 mai 2009

Vulnérable est la démocratie...

Devant la montée des totalitarismes, rien n’est plus vulnérable qu’une démocratie dont les citoyens ont démissionné de leur rôle de garde-fou. Quelles que soient les institutions en place, quelle que soit leur crédibilité / légitimité en tant que garantes de la démocratie, notre vigilance doit rester entière.

L’engagement civique et la vigilance intellectuelle sont l’ultime barrière contre le fascisme… Et contrairement aux apparences, ce dernier n’est jamais vraiment loin.

Pour vous en convaincre, je vous invite à parcourir le bouquin de Naomi Wolf : « The End of America : Letter of Worning to a Young Patriot », ou de lire l’article qui lui a été consacré dans The Guardian du 24 Avril 2007 « Fascist America, in 10 easy steps »

Entre la démocratie et le fascisme il n'y a pas de différence du point de vue du "contenu de classe", nous enseigne Werner Hirsch (Die Internationale, janvier 1932). Le passage de la démocratie au fascisme peut prendre le caractère d'un "processus organique", c'est-à-dire se produire "progressivement et à froid".

Gardez ça en tête. Vous en aurez sûrement besoin un jour… En attendant ce jour que j'espère lointain (car je n'ai pas fini de prendre mes précautions), prenez le temps de lire le message de Claude-Marie VADROT.

Car, le fascisme guette...

Claude-Marie VADROT : interdiction politique d’un prof au Muséum (Paris)

Claude-Marie Vadrot, journaliste à Politis et chargé de cours à Paris 8 souhaite diffuser largement ce message.

Vendredi 10 avril 2009

Je suis inquiet, très, très inquiet...

Vendredi dernier, à titre de solidarité avec mes collègues enseignants de l’Université de Paris 8 engagés, en tant que titulaires et chercheurs de l’Education Nationale, dans une opposition difficile à Valérie Pécresse, j’ai décidé de tenir mon cours sur la biodiversité et l’origine de la protection des espèces et des espaces, que je donne habituellement dans les locaux du département de Géographie (où j’enseigne depuis 20 ans), dans l’espace du Jardin des Plantes (Muséum National d’Histoire Naturelle), là où fut inventée la protection de la nature. Une façon, avec ce « cours hors les murs », de faire découvrir ces lieux aux étudiants et d’être solidaire avec la grogne actuelle mais sans les pénaliser avant leurs partiels.

Mardi, arrivé à 14 h 30, avant les étudiants, j’ai eu la surprise de me voir interpeller dés l’entrée franchie par le chef du service de sécurité, tout en constatant que les deux portes du 36 rue Geoffroy Saint Hilaire était gardées par des vigiles...

- Monsieur Vadrot ?
- euh...oui
- Je suis chargé de vous signifier que l’accès du Jardin des Plantes vous est interdit.
- Pourquoi ?
- Je n’ai pas à vous donner d’explication....
- Pouvez vous me remettre un papier me signifiant cette interdiction ?
- Non, les manifestations sont interdites dans le Muséum.
- Il ne s’agit pas d’une manifestation, mais d’un cours en plein air, sans la moindre pancarte.
- C’est non !

Les étudiants, qui se baladent déjà dans le jardin, reviennent vers l’entrée, le lieu du rendez vous. Le cours se fait donc, pendant une heure et demie, dans la rue, devant l’entrée du Muséum. Un cours qui porte sur l’histoire du Muséum, l’histoire de la protection de la nature, sur Buffon. A la fin du cours, je demande à nouveau à entrer pour effectuer une visite commentée du jardin. Nouveau refus, seuls les étudiants peuvent entrer, pas leur enseignant. Ils entrent et, je décide de tenter ma chance par une autre grille, rue de Buffon. Où je retrouve des membres du service de sécurité qui, possédant manifestement mon signalement, comme les premiers, m’interdisent à nouveau l’entrée.

Evidemment, je finis pas le fâcher et exige, sous peine de bousculer les vigiles, la présence du Directeur de la surveillance du Jardin des Plantes. Comme le scandale menace il finit par arriver. D’abord parfaitement méprisant, il finit pas me réciter mon CV et le contenu de mon blog. Cela commence à ressembler à un procès politique, avec descriptions de mes opinions, faits et gestes. D’autres enseignants du département de Géographie, dont le Directeur Olivier Archambeau, président du Club des Explorateurs, Alain Bué et Christian Weiss, insistent et menacent d’un scandale.

Le directeur de la Surveillance, qui me dit agir au nom du Directeur du Muséum (où je pensais être honorablement connu), commençant sans doute à discerner le ridicule de sa situation, finit par nous faire une proposition incroyable, du genre de celle que j’ai pu entendre autrefois, comme journaliste, en Union soviétique :

"Ecoutez, si vous me promettez de ne pas parler de politique à vos étudiants et aux autres professeurs, je vous laisse entrer et rejoindre les étudiants"

Je promets et, évidemment, ne tiendrai pas cette promesse, tant le propos est absurde. J’entre donc avec l’horrible certitude que, d’ordre du directeur et probablement du ministère de l’Education Nationale, je viens de faire l’objet d’une « interdiction politique ». Pour la première fois de mon existence, en France.

Je n’ai réalisé que plus tard, après la fin de la visite se terminant au labyrinthe du Jardin des Plantes, à quel point cet incident était extra-ordinaire et révélateur d’un glissement angoissant de notre société. Rétrospectivement, j’ai eu peur, très peur...

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23 mai 2009

A tous ces ridicules qui veulent (pensent) nous éclairer...

Je n'ai pu m'empêcher de reprendre ces quelques perles du bêtisier de la finance. Heureusement que le ridicule ne tue guère...

En ce début de l'an 9, il est temps de décerner quelques « Médailles » aux différents experts qui se sont penchés cette année sur notre économie...

Prix de la plus belle « Analyse boursière »
Décerné à David Naudé, économiste et analyste senior de la Deutsche Bank, pour cette déclaration prophétique faite le 1er janvier 2008.« Aux Etats-Unis, l'embellie arrivera certainement mi-2008. En Europe la reprise prendra sans doute quelques mois de plus. En tout cas, il n'aura pas de krach cette année ! » Nous attendrons avec impatience l'analyse des analystes seniors de la Deutsche Bank pour 2009

Prix de la plus belle « Déclaration politique »
Décerné à Eric Woerth, ministre du budget pour cette petite phrase : « Par nature, la France n'est pas en récession ». Le prochain sommet de la francophonie devrait d'ailleurs proposer la suppression de ce mot, qui n'existe que dans les pays anglo-saxons.

Et à Dominique Strauss-Kahn, directeur du FMI pour ces deux déclarations « Il y a de bonnes raisons de penser que les institutions financières ont révélé l'essentiel (des dégâts), surtout aux Etats-Unis (...) Les pires nouvelles sont donc derrière nous" (mai 2008) et « La crise financière est "mondialisée", et aucun pays n'échappera à ses effets qui seront pires en 2009 que cette année » (le même DSK réincarné en décembre 2008)

Prix de la meilleure « Analyse en matières premières »
Décerné sans hésitation à la banque Goldman Sachs, avec une mention spéciale pour le timing, pour sa prévision d'un baril à 200 $ « dans un délai de 6 mois à 2 ans », faite en mai 2008. Goldman Sachs a entre temps un peu modifié son objectif, qui est passé de 200 à 45 $ en l'espace de 6 mois. Nous en sommes aujourd'hui autour de 60$, après être passés par 30$.

Prix du meilleur « Article de presse »
Il revient de droit au « Journal des Finances », avec là aussi une mention pour le timing absolument parfait, avec ce superbe titre dans sa une du 13 septembre 2008 : « CAC 40, le pire est passé ». Deux jours après la parution de ce numéro, le CAC entamait une grande vague de baisse, qui le fit passer de 4 332 à 3 176 points en moins d'un mois.

Prix du plus beau « Gaspillage financier »
Décerné à l'état américain, qui a réussi à faire passer sa dette publique nette de 5 276 milliards à 6 434 milliards en seulement 5 mois, de juillet à décembre 2008 (+ 1 158 milliards de $), ce qui le place bien loin devant tous les Madoff et Kerviel

Prix de la meilleure « Notation de risque bancaire »
Décerné à l'agence de notation Standar & Poors, pour avoir octroyé la note A+ à Lehman Brothers en mars 2008 (6 mois avant la faillite) en précisant ceci « The near-term earnings prospects remain at least somewhat brighter" » ce qui pourrait être traduit par : « A court terme, les perspectives de gain sont plutôt prometteuses »

Prix de la meilleure « Analyse immobilière »
Décerné à la FNAIM pour cette affirmation dans sa lettre de conjoncture d'avril 2008: « Tout semble indiquer que les comportements spéculatifs se sont progressivement dissipés et que le risque d'un retournement de marché mériterait d'être écarté »

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